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Santé mentale et travail
L’émergence de la psychopathologie du travail

Nouvelle édition (1re édition 2001).

A paraître en numérique.

Parution : 06/05/2011
ISBN : 9782843032097
Format papier : 288 pages (140 x 225 mm)
23.35 €
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La psychopathologie du travail, souvent considérée comme une discipline récente, a pourtant derrière elle une histoire de près de cinquante ans.
Isabelle Billiard, sociologue de formation, nous propose dans une étude approfondie d’en reconstituer l’émergence, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, en croisant des données d’ordre économique, politique, social et scientifique.
En rupture avec les développements successifs de la psychologie « scientifique» positiviste, les premières fondations d’une psychopathologie du travail sont indissociables de la «révolution psychiatrique» des années 1945-1950 et des thérapeutiques actives, mais les efforts des pionniers que furent Paul Sivadon, Claude Veil et Louis Le Guillant dévoilent aussi les enjeux contradictoires entre réadaptation sociale et professionnelle et rationalisation du travail. Conduits à aborder la dimension subjective du travail à partir des manifestations pathologiques et des catégories médico-psychiatriques, ces psychiatres se heurtent à la complexité du travail et laissent encore dans l’ombre les épreuves supportées par les travailleurs réputés «normaux».
Les problèmes soulevés et les difficultés rencontrées n’en donnent que plus de relief à certaines des questions brûlantes débattues aujourd’hui à propos de l’engagement de la subjectivité dans le travail et de ses rapports avec la santé mentale.

Sommaire

Avertissement à la réédition

Introduction

Première partie. Le travail et le travailleur objectivé

Chapitre premier. De l’entre-deux-guerres à la Libération

I. Pour une gestion rationnelle des hommes et de la société
1. La victoire du taylorisme et du fordisme. — 2. Le mouvement hygiéniste : de l’hygiène publique à la médecine sociale. — 3. Édouard Toulouse, la psychologie « appliquée » et la Ligue d’hygiène mentale
II. Rencontre de la physiologie et de la psychologie appliquées au travail : l’école de psychotechnique
1. La psychologie appliquée au travail…. — 2. … et ses limites
III. Wallon et Meyerson : des alternatives à l’hégémonie de la psychologie expérimentale
Conclusion

Chapitre II. De la Libération aux années soixante

I. Le plan Marshall et le modèle de croissance « à l’américaine »
II. La santé au travail entre rationalité gestionnaire, traditions ouvrières et stratégies syndicales
1. La protection physique des travailleurs calquée sur le droit du travail. — 2. Une médecine du travail dépendante de l’entreprise et de l’état des savoirs. — 3. Méfiance des ouvriers et stratégies syndicales
III. Nouveaux développements de la psychologie du travail et de l’analyse du travail
1. L’apport américain : les « relations humaines » et la psychologie industrielle. — 2. « La mission de psychotechnique » aux États-Unis. — 3. Vers une adaptation du travail à l’homme
IV. La psychologie clinique en mal de légitimité
V. « Le travail humain » : la sociologie de Friedmann
Conclusion

Conclusion de la première partie

Deuxième partie. La révolution psychiatrique. Des thérapeutiques actives à la psychiatrie du travail

Chapitre premier. Les tensions internes à la psychiatrie

I. De la « révolution dynamiste » aux Journées de Bonneval de 1946
II. La psychiatrie française en voie d’éclatement
1. Les brèches ouvertes par la psychanalyse. — 2. La guerre froide des idées : l’isolement des psychiatres communistes
Conclusion

Chapitre II. Les réformes des hôpitaux psychiatriques et les thérapeutiques actives

I. Les expériences de la guerre et le mouvement pour la réforme des hôpitaux psychiatriques
1. Les expériences de la guerre. — 2. La création du Syndicat des médecins des hôpitaux psychiatriques
II. La psychothérapie collective et les thérapeutiques par le travail
1. Les activités comme médiation. — 2. Pratiques rénovées et principes novateurs
III. Tosquelles, Sivadon, Le Guillant : trois conceptions du travail thérapeutique
1. Le symposium de 1951 : la « psychothérapie collective ». — 2. Tosquelles : le travail, activité propre, support de relations et de parole. — 3. Sivadon : l’ergothérapie, réadaptation aux réalités matérielles et à la valeur sociale du travail. — 4. Le Guillant : restaurer l’intégrité et la dignité de l’homme en tant que producteur
IV. L’improbable reclassement professionnel des malades mentaux
1. Préalables à une possible réinsertion du malade mental. — 2. Le reclassement professionnel limité par les réalités du travail. — 3. La réinsertion par le travail : un projet paradoxal
Conclusion

Chapitre III. De la psychiatrie sociale à la psychiatrie du travail

I. La psychiatrie d’extension et la Ligue d’hygiène mentale
1. La « perspective psychiatrique » et les domaines d’intervention prioritaires. — 2. La Ligue d’hygiène mentale, porte-parole de la psychiatrie sociale
II. Vers une psychiatrie du travail
1. Une médecine du travail généralisée, mais encore peu armée. — 2. L’Élan retrouvé, une configuration d’acteurs spécifique. — 3. Pratiques et statut de la psychiatrie du travail. — 4. Les consultations spécialisées et les sessions de psychopathologie du travail
III. Deux défis : la fatigue chronique et les maladies mentales professionnelles
1. La fatigue : dépassement de l’approche expérimentale. — 2. Des maladies mentales d’origine professionnelle ?
Conclusion

Conclusion de la deuxième partie

Troisième partie. Les premières fondations d’une psychopathologie du travail

Chapitre premier. Paul Sivadon et Claude Veil : Le courant de l’hygiène mentale du travail

I. Paul Sivadon : l’« adaptation » au travail et les « névroses de travail »
1. La fonction pivotale du couple « adaptation/désadaptation ». — 2. Les « névroses de travail ». — 3. La synthèse de 1969
II. Claude Veil : « marges de tolérance » et « normes de travail »
1. Pour une « phénoménologie du travail ». — 2. Les travaux de la Section d’hygiène mentale du travail. — 3. Le recours à l’épidémiologie
Conclusion

Chapitre II. Louis le Guillant : Une psychopathologie des conditions sociales
I. Une clinique nouvelle étayée par la psychophysiologie pavlovienne
II. « Le travail et la fatigue : la névrose des téléphonistes et des mécanographes »
III. Le cas des « roulants » de la SNCF
IV. « Incidences psychopathologiques de la condition de “bonne à tout faire” »
Conclusion

Chapitre III. L’appel à la psychanalyse
I. Les années soixante : la psychanalyse, le structuralisme
1. La psychanalyse légitimée, mais déjà divisée. — 2. Le structuralisme : rejet de la psychologie et des phénomènes observables
II. Le rapport au travail à la lumière de l’Inconscient
1. Détour par le Service de neuropsychiatrie de l’Armée de l’air. — 2. La tentation de la métapsychologie freudienne
III. Moscovitz : limites de l’interprétation psychanalytique, apports de l’enquête collective
Conclusion

Conclusion de la troisième partie

Conclusion

Annexes (éléments de biographie et présentation de la revue La Raison)

Index des personnes citées

Réalisation : William Dodé