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Deuils collectifs et création sociale
Préface de René Kaës
Parution : 09/09/2004
ISBN : 9782843030987
Format papier : 320 pages (140 × 225 mm)
23.00 €

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Les transitions sociales et les mutations culturelles, passées ou présentes, ont déjà reçu de multiples et utiles éclairages. Mais ces analyses en taisent une dimension essentielle  : tout sens défunt, individuel ou collectif, s’assortit d’un processus de deuil. La qualité de ce dernier, dès lors, ne colore-t-elle pas, voire ne fonde-t-elle pas, les nouvelles créations culturelles et sociales ? Pareille hypothèse obligeait à une exploration minutieuse des deuils collectifs, négligés dans les sciences humaines en dehors de cas extrêmes, tels les génocides. Revisiter au préalable les deuils individuels s’imposait aussi : bien que traités en abondance par d’innombrables auteurs, leur essence a au mieux été effleurée. À savoir leur rôle nucléaire dans toute création humaine, en particulier de sens.
Jean-Claude Métraux, pédopsychiatre de formation, a acquis une longue expérience professionnelle auprès de personnes et de communautés frappées par des pertes multiples. Il établit, dans cet ouvrage, la distinction fondamentale entre tragédies mortifères et créatrices, entre deuils et traumatismes, trop souvent confondus  ; il identifie les mécanismes de survie mis en œuvre par « les damnés de la terre » ; analyse les ressorts psychiques et sociaux de l’utilitarisme, de l’hymne moderne à l’individu, au progrès et à la maîtrise ; contribue, avec les concepts de deuils congelés ou fossilisés, à l’intelligibilité de phénomènes aussi disparates que le totalitarisme ou la mondialisation, l’obsession présente pour violence et terrorisme, ou la contradiction inhérente à certaines formes d’aide humanitaire.
Mais l’enjeu dépasse cette interprétation originale des tragédies humaines. En débusquant l’incidence des deuils inachevés sur les idéologies, théories et pratiques, individuelles et communautaires, ce livre montre que la création sociale, dont nous sommes tous les anonymes auteurs, n’a pas encore dit son dernier mot.
Réalisation : William Dodé