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Jazz, les échelles du plaisir
Intermédiaires et culture lettrée en France au XXe siècle
Parution : 26/09/2013
ISBN : 9782843031816
Format papier : 368 pages (140 x 225 mm)
28.00 €

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Jazz, les échelles du plaisir, histoire sociale inédite, accessible et vivante du jazz en France, éclaire l’histoire culturelle du XXe siècle sous un jour nouveau. Il montre comment musiciens, auditeurs et intermédiaires culturels se rassemblent, et parfois se confrontent, pour faire vivre les plaisirs du jazz.

Olivier Roueff, sociologue et spécialiste du jazz, raconte les hauts faits des musiciens (de Django Reinhardt à Martial Solal) et les grandes batailles critiques (Hugues Panassié contre Boris Vian, le free jazz…) qui peuplent la mémoire des passionnés. L’auteur analyse la formation des industries culturelles et la « racialisation » de l’érotisme musical, l’invention de la « musique des jeunes » et les rendez-vous féconds ou manqués entre cultures populaires et savantes, les rapports complexes entre développement des politiques culturelles, marchandisation des musiques et défense de l’« authenticité ».

L’ouvrage s’appuie sur des données abondantes et variées, des archives du music-hall à l’ethnographie des jazz-clubs. Il est accompagné d’un site internet qui propose aux lecteurs des compléments d’analyse, ainsi que de nombreux documents textuels, sonores et visuels.
Référence incontournable pour tous les passionnés de jazz, ce livre s’adresse également aux chercheurs, enseignants et étudiants en sciences humaines et sociales, et au grand public au-delà des seuls amateurs de jazz.

Table des matières

Introduction
Une géographie des authenticités musicales

Chapitre premier. L’avènement du rythme pulsé (afro-)américain (1903–1912)
Dynamiques du spectacle
Les variétés du music-hall
Le cake-walk et la formation d’une prise esthétique
L’assignation ethnoraciale, ou le retour des refoulés
Produits dérivés et hédonisme bourgeois

Chapitre II. Les puissances d’évocation du jazz-band (1917–1926)
Un succès inaugural : format orchestral et format spectaculaire
Le rythme des avant-gardes et le « jazz-bandisme »
Des images à saisir : présences raciales et niche musicienne
Le dancing du point de vue lettré
Primitivisme et inaccessible authenticité
Le jazz-spectacle (blanc), une spécialité musicienne

Chapitre III. Le jazz hot ou l’art des discophiles (1928–1939)
Discophilie et authenticité raciale
La formation d’une expertise amateur
L’amour de l’art : discophilie vs spécialité musicienne
Le genre jazz, fruit d’une concurrence d’intermédiaires

Chapitre IV. Le jazz-club, le concert et la domestication des audiences (1941–1954)
La vogue swing : un marché juvénile
La Libération du marché « hot »
La disqualification des amateurs au profit du « langage musical »
L’occasion du be-bop
La polarisation des usages publics du jazz
Les caves (lettrées) de Saint-Germain-des-Prés
La guerre du jazz et l’institution d’une polarité
Un marché musicien doublement précaire
Le jazz-club, le concert et la surprise-partie

Chapitre V. Expériences du free jazz (1960–1978)
Une double contrainte
Une nouvelle offre esthétique
La formation d’un sentiment générationnel de sensibilité expérimentale
Une nouvelle critique, du formalisme à la politisation
Catégories politiques et constitution du free jazz en avant-garde
En quête d’alternatives : le free jazz après 1968
La politisation culturelle comme marché alternatif
Mobilisations professionnelles et invention des musiques improvisées européennes

Chapitre VI. Le jazz au second degré : le Pelle-Mêle (Marseille, 1979–2000)
La patrimonialisation du jazz
Politiques publiques : le jazz comme création
Fond(s) de catalogues : une histoire à exploiter
Le patrimoine, répertoire de procédés ou modèle d’expérimentation ?
Le réinvestissement du jazz-club
La polarisation de l’espace du jazz à Marseille
Le Pelle-Mêle et la constitution d’un espace polarisé
Aimer au second degré : la méthode du Pelle-Mêle
Du point de vue des musiciens
Identité amateur et second degré

Chapitre VII. La musique pour voir : Instants Chavirés (Montreuil, 1991–2001)
Une position improbable
L’insertion dans le pôle de l’avant-garde en voie de consécration
De l’ancienne à la jeune avant-garde
La consécration par les pairs
Un héroïsme institutionnel
La radicalisation comme solution professionnelle
L’expérience radicalisée de l’improvisation
L’impro comme technique de subversion des catégories

Conclusion
Le jazz au cœur de la culture lettrée

Dossier de presse
Florent PARMENTIER
nonfiction.fr, 16 janvier 2014
Une histoire sociale du jazz en France
Résumé : Olivier Roueff nous retrace le devenir d’un genre musical d’origine américaine, tiraillé entre cultures populaires et savantes, par le biais de ses intermédiaires au XXe siècle.


L’ouvrage ne s’intéresse pas spécifiquement aux grands artistes qui ont particulièrement marqué cette musique (la production), ni même au public à proprement parler (la sphère de la réception), mais aux agents qui, " situés à leur jonction, s’emploient à mettre en relation des productions esthétiques avec des publics " (p.10). En d’autres termes, il observe donc " les catégories de perception et d’évaluation du jazz telle qu’elles sont élaborées et prescrites par les intermédiaires " (p.13), ne mentionnant qu’avec parcimonie les noms de Louis Armstrong, Django Reinhardt ou John Coltrane.

Afin de saisir cette histoire, l’auteur se propose de rappeler les grands moments de l’histoire du jazzen une série de sept chapitres, permettant de distinguer trois grandes parties. La première partie pose la question de la formation et de l’unité d’un genre musical défini comme un corpus esthétique, un espace social et comme ensemble d’expériences esthétiques spécifiques. La deuxième partie prolonge le questionnement sur la stabilisation des pratiques en interrogeant la formation d’un univers social spécifique entre 1941 et 1960, restituant trois types de processus regroupés sous la notion d’autonomisation (la spécialisation des producteurs, la formation d’un marché spécifique et l’autonomisation des instances de consécration). Enfin, la troisième partie traite des transformations récentes des expériences du jazz, puisqu’au cours des années 1980 " une nouvelle structure d’opportunités s’établit au croisement de la consécration étatique de l’avant-garde, des stratégies de réédition des fonds de catalogue par les firmes discographiques internationales, et de l’insertion du jazz dans les institutions pédagogiques savantes " (p.27-28).
Trois grands thèmes peuvent être retenus l’ouvrage : la question primordiale des intermédiaires, la dimension américaine de cette musique, ainsi que son caractère lettré.

La suite : http://www.nonfiction.fr/article-6880-une_histoire_sociale_du_jazz_en_france.htm
Florent PARMENTIER
nonfiction.fr, 16 janvier 2014
Réalisation : William Dodé